OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Le mirage social du pétrole guyanais http://owni.fr/2012/07/20/petrole-guyane-offshore-shell-total-emploi/ http://owni.fr/2012/07/20/petrole-guyane-offshore-shell-total-emploi/#comments Fri, 20 Jul 2012 08:55:00 +0000 Sylvain Lapoix http://owni.fr/?p=116145

Au large de l'Angola, le groupe Total exploite le gisement Girassol a 1400 metres de profondeur. Un record mondial pour une plate-forme off-shore. Reportage réalisé en 2005. ©Hélène David/Collectif Argos/Picture Tank

Le projet de forage pétrolier au large de la Guyane ne sortira pas de son marasme social le département ultramarin. Confirmée le 22 juin, l’autorisation de travaux pour les recherches d’hydrocarbures sous le plancher océanique était défendue par les élus locaux comme capable de dynamiser la région frappée d’un taux de chômage supérieur à 20%. Or, une fois les déclarations du PDG de la société Shell et les détails des opérations passées en revue, il n’y a guère à espérer plus de quelques centaines d’emplois locaux sur les 19 600 Guyanais qui en cherchent toujours.

Aucune garantie

Le premier poste de création d’emploi possible, c’est la plate-forme elle-même. Loué par Shell pour le compte du consortium, où sont également présents Statoil et Total, le bateau de forage Stena Icemax nécessite selon Shell deux équipes tournantes de 70 personnes ainsi qu’une vingtaine de personnes à terre pour fonctionner en phase d’extraction. Interrogé par le quotidien régional France Guyane en décembre 2011, le PDG de Shell France (filiale du géant anglo-néerlandais créé pour l’occasion) laissait entrevoir la possibilité de salarier une majorité de locaux :

Le président de Shell France s’y est engagé : “La priorité sera toujours locale à compétence égale.” [...] Reste donc à mettre en place les formations et les infrastructures ad hoc. Si c’est le cas, Shell pourrait mener en Guyane la même politique qu’aux Philippines où elle exploite du pétrole avec 75% d’emplois locaux.

A l’occasion de son audition devant le Sénat le 30 mai 2012, Patrick Roméo a quelque peu précisé les modalités d’embauche des Guyanais, lesquelles sont notamment conditionnées par des expériences préalables sur d’autres sites :

Il faut une qualification spéciale pour les emplois sur la plateforme, et notamment l’exigence de parler anglais. Il en découle la nécessité de formations. Shell a ainsi proposé de mettre en place un programme de formation assorti de recrutements, par des entreprises spécialisées dans le secteur pétrolier, qui pourraient s’engager à recruter progressivement quelques dizaines, voire plusieurs centaines de personnes et à les former pendant les quatre à cinq ans à venir sur des activités pétrolières déployées ailleurs dans le monde. Les personnes concernées pourraient ensuite revenir en Guyane avec les qualités requises, à l’occasion du démarrage d’une exploitation.

Un bémol auquel s’ajoutent les conditions d’embauche dans un secteur très concurrentiel sur le coût de main d’oeuvre, “pas sûr que les Guyanais acceptent de travailler aux salaires de base sur les plate-formes que proposera Shell”, commente un spécialiste du secteur.

Le FPSO (floating production,storage and offloading), une barge de 300 metres de long pour pomper, stocker, transvaser le petrole a bord de super-tanker. ©Hélène David/Collectif Argos/Picture Tank - 2005 -

Les 160 emplois directs liés à la plate-forme ne sont cependant prévus que pour la phase d’exploitation qui devrait débuter, si les réserves sont confirmées, en 2019. En amont, le patron de Shell France évoque 25 emplois en cours de création et 60 indirects pour la phase exploratoire. En complément des emplois directs, la majeure partie des emplois “induits” relèvent des “oil field services”, les services à l’entretien et à l’approvisionnement technique et quotidien de la plate-forme.

Pour la phase exploratoire et l’imagerie sous marine, la société française CGGVeritas, spécialisée dans les travaux géophysiques a été désignée explicitement par le PDG de Shell. Un technicien d’une entreprise de service d’exploration détaille la mission d’un tel sous traitant :

Une mission peut durer de quinze jours à deux mois mais mobilise tout au plus un bateau ou deux avec une poignée de salariés spécialisés. Il n’y a pas d’emplois créés : une fois le travail fini, les experts repartent sur une autre mission et les images sont envoyées à un centre d’imagerie.

Une fois l’exploitation engagée, le leader des services aux plate-formes offshore Bourbon pourrait prendre en charge la gestion de l’approvisionnement et de la maintenance en mer, l’entreprise assurant déjà cette tâche pour les sites d’extraction pétrolière de Shell au large des côtes africaines. Contactés par Owni, Bourbon et CGGVeritas n’ont pas souhaité évoquer leurs engagements auprès de la compagnie pétrolière. Un spécialiste du secteur pétrolier maritime chiffre l’intégralité des équipes à terre et en mer pour ce type d’opération à “200 personnes, maximum”.

Si on ajoute à ces effectifs les “créations d’emplois induites”, évaluées par le patron de Shell lors de son audition à “un pour un” par rapport aux salariés de la plate-forme, les retombées de l’activité d’extraction pourraient en 2019 atteindre 500 emplois dans tout le département. “M. Roméo ne nous a donné aucune garantie sur la proportion de ces salariés qui pourraient venir de Guyane, insiste la sénatrice Europe écologie-Les Verts Aline Archimbaud, membre de la Commission chargé du département d’Outre-Mer. Il y a plus de potentiel dans l’agriculture et dans le secteur forestier…”

Sur le bateau-plateforme offshore au large de l'Angola, où le groupe Total exploite le gisement Girassol a 1400 metres de profondeur. ©Hélène David/Collectif Argos/Picture Tank - 2005 -

Sauvetage

En aval de la plate-forme, la possibilité pour la Guyane de raffiner voire de transformer le pétrole brut pouvait représenter une retombée positive en termes d’emplois. A ceci prêt que la Guyane ne dispose d’aucune capacité de raffinage propre et que celle de la France dans la région sont réduites à la consommation locale. Propriété du groupe Total à 50%, la Société anonyme de la raffinerie des Antilles (Sara) ne dispose que de dépôts dans la région de Cayenne, l’activité de raffinage étant intégralement implantée en Martinique pour une capacité de production de 800 000 tonnes de brut par an, lequel est acheminée de champs pétroliers principalement européens (notamment en Mer du Nord). La petite compagnie de raffinage est d’ailleurs menacée par la concurrence du Venezuela, produisant du pétrole localement à bien plus bas coût, et vers laquelle la Guyane elle-même pourrait se tourner. D’où l’inquiétude du président de la délégation sénatoriale à l’Outre mer, Serge Larcher :

Si la Sara perd cette clientèle, cela pourrait être problématique. La Sara est une structure de solidarité entre les départements français d’Amérique.

Stockage ; Raffinerie de Petit-Couronne, Pétroplus via Zigzagzou (Flickr)

L’hypothèse de raffiner une partie du pétrole dans la région se heurte cependant à deux limites techniques : la capacité de raffinage et le type de pétrole. “Le pétrole extrait en Mer du Nord n’est pas aussi profond que celui que Shell pourrait extraire au large de la Guyane, nous explique-t-on à la Sara. Nos installations ne sont pas forcément suffisantes pour raffiner un brut trop lourd, tout dépendra de ce que trouve la compagnie.”

Mais le sauvetage de la Sara est bien loin d’être la priorité des élus. Laquelle était clairement formulée par le sénateur du Puy-de-Dôme, Alain Néri, le 30 mai :

Shell, en France depuis 1919, possédait la raffinerie de Petite-Couronne, qu’il a cédée en 2008 à Pétroplus. Aujourd’hui, la situation sociale et économique est dramatique, et Pétroplus en faillite. On comprend l’inquiétude des 550 salariés du site ! Faisons ensemble un peu de prospective : pourquoi ne pas raffiner le pétrole de Guyane à Petit-Couronne, qui est relié au port du Havre par un oléoduc ?

Au lendemain du remaniement qui avait vu la ministre du Développement durable, opposée au projet guyanais rabattue sur le commerce extérieur, Marianne2 avait révélé que Nicole Bricq avait été la victime du chantage de Shell qui avait échangé le maintien de l’activité du site de raffinage de Pétroplus contre l’engagement de l’Etat à le laisser forer en mer.

Les deux dossiers sont en fait liés d’un point de vue industriel. Mais, dans la bouche du PDG de Shell, il n’apparaît pas comme acquis que les forages au large de la Guyane sauvent le raffinage le long de la Seine :

Le raffinage représente une activité très significative, mais le site de Petit-Couronne ne s’inscrit pas dans nos orientations à long terme. La basse Seine compte déjà deux raffineries beaucoup plus importantes, que Petit-Couronne n’est pas de taille à concurrencer. Nous avons choisi d’investir dans d’autres projets.

Sur le bateau-plateforme offshore, au large de l'Angola, le groupe Total exploite le gisement Girassol a 1400 metres de profondeur. ©Hélène David/Collectif Argos/Picture Tank - 2005 -

Bien plus proche que Le Havre du site d’extraction, le Brésil compte avec sa compagnie nationale Petrobras des capacités de raffinages considérables, qui nous ont été détaillées par leurs services :

La Petrobras dispose de 15 raffineries au Brésil, pour une capacité totale de deux millions de barils de pétrole par jour. […] La majeure partie du brut raffiné par les raffineries Petrobras vient de la production offshore au large des côtes atlantiques du Brésil.

Une capacité 100 fois supérieure à celle de la petite Sara, couplée à des sites de stockage et à une expertise sur le brut offshore indisponible en France à moins de 7 000 km de Cayenne.

Royalties

Le plus gros potentiel éveillé par le pétrole guyanais reposerait en fait dans le partage des bénéfices. Le montant des royalties prélevées sur la valeur du pétrole s’élève, selon le code minier, à 12% de la valeur, auquel s’ajoute l’impôt sur les bénéfices, faisant grimper les prélèvements à 50 ou 60% du prix du brut extrait des eaux guyanaises. Des rentrées fiscales réparties également entre l’Etat et la région et que les élus locaux seraient encore en train de négocier à la hausse avec Shell, selon un conseiller du ministère du Développement durable.

En marge de ses activités et comme pour tous les projets de ce genre, la compagnie pétrolière prévoit des investissements dans deux axes pour stimuler le tissu local, faisant l’objet de deux groupes de travail détaillés par Roméo durant son audition sénatoriale :

Nous développons une connaissance approfondie du milieu, finançons des thèses et participons à des études en cours. […] Le quatrième point concerne les actions en mer : soutien au secteur de la pêche, plan de développement des activités maritimes, aide à la constitution de coopérative de pêcheurs, recherche sur des moteurs plus adaptés, etc. C’est l’objet du dernier groupe de travail, qui associe notamment les pêcheurs.

Dans les deux cas, aucune perspective de création d’emplois n’est envisagée, seulement le soutien aux chercheurs et aux pêcheurs locaux. Autant de bénéfices qui n’atteindront leur pleine expression qu’à l’horizon 2019, quand débutera l’exploitation elle-même. Même en hypothèse haute, les travaux d’extraction ne semblent guère à même d’amener à la création de plus des 500 emplois liés à la plate-forme et ceux permis par les retombées fiscales (suivant les réserves effectives de brut). Loin du millier estimé par M. Roméo. Et pas forcément au bénéfice unique des Guyanais.


Photographies d’Hélène David © tous droits réservés, Collectif Argos/Picture Tank. Reportage réalisé en 2005 sur le bateau-plateforme au large de l’Angola, où le groupe Total exploite le gisement Girassol à 1400 metres de profondeur.

Photo de Petroplus au Havre par CC BY Zigazou76 via Flickr

]]>
http://owni.fr/2012/07/20/petrole-guyane-offshore-shell-total-emploi/feed/ 12
Chantage au pétrole sale http://owni.fr/2011/11/29/chantage-au-petrole-sale-sables-bitumineux-canada-schiste/ http://owni.fr/2011/11/29/chantage-au-petrole-sale-sables-bitumineux-canada-schiste/#comments Tue, 29 Nov 2011 12:14:16 +0000 Sylvain Lapoix http://owni.fr/?p=88517

Pour protéger ses exportateurs de pétrole vers l’Union européenne, le gouvernement canadien a mené une campagne de lobbying jusqu’au plus haut niveau pour court-circuiter une directive sur la qualité des carburants. Parmi elles, des rencontres officieuses de membres du gouvernement d’Ottawa avec David Cameron et des membres de son gouvernement visant à saborder la réglementation, dont des documents publiés lundi 28 novembre montrent la régularité et la teneur.

110 événements de lobbying organisés en deux ans

Présentée en juillet 2009 par la Commission européenne, la directive sur la qualité des carburants (Fuel Quality Directive ou FQD) visait à intégrer dans l’évaluation du bilan carbone des énergies consommées par les transports non seulement les rejets de gaz à effet de serre causés par leur extraction en plus de celles issues de la combustion. Face au critère visant à ne pas acheter ni commercialiser d’énergie fossile “plus polluante que le pétrole conventionnel”, de nouvelles ressources dites “non conventionnelles” (extraites à grand renfort de produits chimiques, déforestation et méthodes violentes, comme les gaz de schiste) se voyaient menacées par cette décision.

Et notamment les “sables bitumineux”, forme de pétrole non mature reposant dans des couches superficielles de silice. Des plages d’or noir qui font depuis quelques années les beaux jours des exportations d’hydrocarbures du Canada. Lequel dévaste pour les extraire de majestueux paysages, cours d’eau et écosystèmes de son Far West, rejetant ainsi 22% de CO2 en plus que les exploitations de pétrole classique selon la directive sur la qualité des carburants. De quoi dissuader les importateurs censés réduire leur bilan carbone de 10% d’ici à 2020 de s’abreuver à cette source. Malgré cette catastrophe écologique, l’enjeu économique demeure assez crucial pour Ottawa pour que ses autorités refusent de se voir dicter des restrictions à l’export par la réglementation européenne.

Le lobbying pour briser la décision européenne a débuté dès la rentrée 2009 : en deux ans, les Amis de la Terre Europe (Friends of the Earth Europe) ont recensé 110 événements organisés par les autorités et lobbies canadiens autour des institutions européennes visant à pointer les incohérences de la directive sur la qualité des carburants face aux sables bitumineux. D’une autre main, Ottawa s’est saisi d’une multitude d’études favorables à ses thèses, invoquant notamment l’IHS Cera, cabinet de conseil spécialisé dans les hydrocarbures subventionné par l’industrie pétrogazière et déjà infiltré dans les groupes de travail du ministère de l’énergie américain. De quoi retarder le vote de la directive et perturber les débats au Parlement. Une interférence cependant insuffisante pour s’assurer de l’enterrement en grandes pompes de la législation anti-sables bitumineux.

Coup de fil à un ami du Commonwealth

Se saisissant des négociations sur un accord de libre échange Canada-Union européenne (Accord économique et commercial général ou AECG), le gouvernement d’Ottawa a alors formulé une plainte, considérant que le caractère “discriminatoire” de la FQD justifiait la révision des discussions en cours, lesquelles devaient aboutir fin 2011. En juin, le Parlement européen, saisi sur la résolution, voyait deux camps s’affronter avec, dans la balance, 20 milliards d’euros d’échanges supplémentaires permis par ces nouveaux accords. Si les débats des plénières des 6 et 8 juin étaient agités entre les différents parlementaires autour de la question, la majeure partie des parlementaires et la Commission ont soutenu l’accord tout en refusant d’y sacrifier les mesures environnementales. Suivant la procédure, la proposition a été transmise au Conseil, où les attendaient les lobbyistes canadiens, comme l’a constaté l’eurodéputé écologiste hollandais Bas Eckhout :

Une fois l’accord de libre-échange voté, le lobbying a basculé du Parlement et de la Commission au Conseil. Etant donné que le Canada est toujours dans le Commonwealth, il a joué sur la corde sensible de ce lien avec le Royaume-Uni pour le rallier à sa cause. Ce qui a été d’autant plus facile que l’une des principales entreprises engagées dans l’extraction des sables bitumineux en Alberta est la compagnie britannique BP.

Obtenus par les organisations écologistes en vertu de la loi sur la liberté de l’information britannique (Freedom of information act), des mémos ont prouvé que le Canada s’était engagé avec le Royaume-Uni dans des rencontres régulières visant à étouffer une bonne foi pour toute la FQD. Aux quinze réunions organisées entre responsables politiques canadiens et anglais depuis septembre 2011, dont certains directement entre David Cameron et le Premier ministre canadien Stephen Harper, plusieurs échanges entre officiels se concluent de remarques positives. A la suite de l’entretien entre le ministre du commerce anglais Lord Sassoon et le ministre de l’Energie de la province d’Alberta où se trouvent les plus importantes réserves de sables bitumineux, une note sanctionne la rencontre :

[Le ministre de l'énergie] était très reconnaissant au Royaume-Uni de ses efforts sur la FQD (directive sur la qualité des carburants).

Plus gênant, des lettres et présentations de groupes pétroliers adressées directement aux ministres présentent leurs “inquiétudes” sur la directive, déclinant l’argumentaire des industriels repris par Londres ensuite. BP écrivait ainsi le 18 octobre au ministre des Transports anglais Norman Baker :

- La question ne porte pas réellement sur les sables bitumineux […]
- Cette proposition nécessiterait un système de certification des rejets de gaz à effet de serre pour toutes les formes de carburants bruts et produits raffinés. […] La charge réglementaire [de la directive] serait considérable à une époque où le secteur croule déjà sous un régime de régulation très lourd et il y a toujours la crainte d’ouvrir la porte aux fraudes.
- Cette mesure aurait un impact significatif sur les prix du brut et des produits raffinés importés en Europe et représenterait un coût important pour l’industrie du raffinage européenne, qui subit déjà un stress financier considérable – et au final pour le consommateur également.

BP EIR (Final)

Comprendre : cette législation pèserait sur les résultats financiers des groupes pétroliers qui considèrent être déjà assez contrôlés comme ça. Contacté par OWNI, le ministère des Transports britannique s’en tient à la position officielle de Norman Baker :

L’assertion selon laquelle nous ne prendrions pas au sérieux la question des sables bitumineux à haute émission est scandaleuse. […] Pour être clair, nous ne retardons pas notre action mais nous cherchons la solution la plus prompte et la manière la plus efficace, qui est de considérer toutes les formes de carburants bruts de la même manière, pas seulement les [huiles issues des] sables bitumineux importés d’un pays particulier.

Un discours reprenant mot pour mot l’argumentaire de BP mais un allié insuffisant pour remporter la majorité des voix. Se tournant vers la compagnie Shell, les Canadiens auraient selon The Guardian également rallié à leur cause le pays d’origine de la compagnie, les Pays-Bas. Mais le travail de sape ne s’arrête pas là selon Bas Eickhout :

L’Espagne et la Pologne semblent maintenant formuler des réserves à leur tour sur la FQD. Les Canadiens ont dégainé un argument-massue pour convaincre les Polonais : si les critères de la directive sanctionnent les sables bitumineux, bientôt, ce seront les gaz de schiste qui verront leur bilan carbone et leur prix augmenter.

Ambassadrice des gaz de schiste dans l’Union européenne et en charge de la Présidence du Conseil jusqu’au 31 décembre 2011, Varsovie semble avoir été sensible à cette suggestion. Prévu le 2 décembre 2011, le vote de la FQD a été repoussé à janvier prochain. Une nouvelle victoire du lobbying canadien.


Images et illustrations par Manchester Foe [cc-by-nc-sa] remix par Ophelia Nooret Xavier de Jaubéguiberry [cc-by-nc-nd] via Flickr

]]>
http://owni.fr/2011/11/29/chantage-au-petrole-sale-sables-bitumineux-canada-schiste/feed/ 25