OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 MXP4 lance la plateforme Bopler Games sur Facebook http://owni.fr/2011/04/19/mxp4-lance-la-plateforme-bopler-games-sur-facebook/ http://owni.fr/2011/04/19/mxp4-lance-la-plateforme-bopler-games-sur-facebook/#comments Tue, 19 Apr 2011 16:37:42 +0000 Loïc Dumoulin-Richet http://owni.fr/?p=31628 MXP4, start-up parisienne innovante dans le domaine du social gaming musical, lance cette semaine la plateforme Bopler Games, une série de jeux musicaux sur Facebook, utilisant un catalogue de titres musicaux licenciés, et qui pourrait bien incarner le modèle de rentabilité de l’entreprise.

Après le jeu Je Veux Signer Chez AZ dont nous vous parlions la semaine dernière, et qui a pour but d’animer le casting mené par le label d’Universal tout en développant son image de marque, c’est sur un plan beaucoup plus fédérateur et orienté gaming que se place Bopler. En choisissant de lancer dans un premier temps quatre jeux inspirés des classiques du genre, MXP4 entend séduire les gamers addict comme les moins chevronnés, à qui les formats parleront sans difficulté. Ainsi Space It, Match It, Snake It et Pump (jeu crée par MXP4 et popularisé notamment via une application brandée David Guetta) s’inspirent ouvertement de Space Invaders, Tetris, ou encore Snake, avec un avantage de taille cependant. L’évolution du jeu réagit en effet à la la structure musicale du titre choisi pour jouer (tempo, rythme, voix etc.). Car le centre de ces jeux sociaux est bien la musique.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

En choisissant en premier lieu un titre parmi ceux proposés, puis un jeu, le joueur cale son expérience ludique sur la musique, et non l’inverse. Quant au catalogue proposé, il est pour l’instant modeste mais devrait se développer très rapidement, les accords avec quatre publishers et deux majors étant finalisés (sans qu’on puisse en savoir davantage pour le moment). EMI est la première major à avoir officialisé la licence de son catalogue.

Albin Serviant, PDG d’MXP4, confirme que le volonté première de ses équipes lors de la création de la plateforme Bloper Games était véritablement “d’imbriquer le jeu et la musique“. Avec 1 milliard de dollars de chiffre d’affaires, les jeux sur Facebook représentent sans conteste une manne qui, couplée à la musique devrait largement séduire. Selon le PDG, cette somme devrait quadrupler voire quintupler dans les trois ans.

“Le challenge, c’est de donner au jeu sa dimension sociale”.

Qui de la monétisation, et de la rémunération des artistes ? Les sommes engrangées par les jeux, via les Facebook credits, qui permettent aux gamers de jouer sur toute la durée d’un titre (contre 60 secondes en version gratuite), mais aussi d’obtenir des bonus supplémentaires au sein du jeu. Les ayant droit se partagent avec MXP4 70% des revenus générés par la vente de titres (et donc de jeux) complets, les 30% restants revenant à Facebook. Si pour l’instant l’intérêt des artistes n’est pas supérieur à celui d’une mise en vente sur iTunes, il pourrait s’avérer plus conséquent dans les mois à venir. On parle en effet de customisation des jeux avec des artistes via des pages dédiées, ouvrant vers de la vente directe (titres, albums, merchandising…), qui devrait intervenir dans un second temps une fois le décollage de la plateforme passé. Elle devrait apporter aux artistes un véritable plus en liant leur univers aux jeux développés en adéquation avec leur musique.

Il faut cependant garder en tête que 95% des joueurs sur les réseaux sociaux s’adonnent à ce passe-temps gratuitement. Le défi est donc de les engager dans une expérience allant au delà du simple hobby sur Facebook. Ainsi que le rappelle Albin Serviant, “la moyenne du temps passé sur l’application de remix de David Guetta était de 13 minutes“. Autrement dit, suffisamment pour amener le gamer à devenir consommateur, et recruteur de fans via les nombreux outils de challenge de ses amis.

Un défi que MXP4 semble en passe de pouvoir relever, en offrant à l’industrie de la musique une source de revenu potentiellement intéressante. Confirmation ou infirmation dans les mois à venir.

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Un casting et un social game sur Facebook pour signer chez AZ http://owni.fr/2011/04/12/un-casting-et-un-social-game-sur-facebook-pour-signer-chez-az/ http://owni.fr/2011/04/12/un-casting-et-un-social-game-sur-facebook-pour-signer-chez-az/#comments Tue, 12 Apr 2011 16:37:43 +0000 Loïc Dumoulin-Richet http://owni.fr/?p=31542

Le label AZ, propriété d’Universal Music France, lance cette semaine un social game en soutien de son opération “Je veux signer chez AZ“, grand casting sur Facebook, qui revient cette année pour une seconde saison.

Lancé en 2010 à l’initiative de Valéry Zeitoun, médiatique patron du label, “Je veux signer chez AZ” a consacré Melissa NKonda et Victor Le Douarec. Si la première sort d’ailleurs cette semaine son premier album pop “Nouveaux Horizons“, le second artiste issu du casting est lui toujours en gestation.

Le projet est né l’an dernier d’une forte volonté de son instigateur de “renouer avec les interprètes“, même si de nombreux participants au casting de cette année se présentent avec des compositions personnelles. Dix ans après la première saison de Popstars (émission à laquelle Valéry Zeitoun avait participé en tant que juré en 2002), et alors que les concepts de télé-crochets populaires des années 2000, tels Star Academy et Nouvelle Star, ont disparu et laissé le champ libre au concept jumeau X Factor, actuellement sur M6, le cyber-casting d’AZ surfe sur l’hégémonie de Facebook pour dénicher ses futures signatures.
Si le concept n’a rien de neuf, c’est bien son exécution qui s’avère intéressante et originale. Outre le la séléction elle-même, qui se passe intégralement sur Facebook pour sa première phase (envoi des candidatures sous forme de vidéos) l’équipe digitale du label a concocté un social game développé par l’agence Spoke.

En reprenant la même temporalité que le casting lui-même (vidéos sur Facebook, prestations devant le jury à l’Olympia, phases finales), il propose au gamer, toujours sur Facebook, de se faire apprenti producteur en votant pour ses candidats favoris, choix qui l’engageront jusqu’au bout du jeu et qui lui permettront d’évoluer au sein de cet univers.

Le jeu a recours à des pratiques de gratification du gamer inspirées d’autres grand succès du social gaming et réseaux sociaux. Ainsi les badges à débloquer (“Beni Oui-Oui”, “AZ Lover”, “Dance Machine” ou encore “Sourdingue”) ou les niveaux à atteindre (“Chauffeur de Valéry Zeitoun”, “Stagiaire AZ”, “Boss DA”, “Fils Spirituel de VZ”…) font penser à Foursquare ou Farmville et fidélisent le joueur en l’enjoignant à continuer le jeu au gré de l’évolution du casting et de la confirmation ou non que ses choix d’apprenti directeur artistique sont les bons.

L’objectif (affiché) de gain de notoriété peut sembler secondaire pour un label, puisque ce sont avant tout ses artistes qui le portent, mais l’opération impose en tous cas AZ comme un label innovant et désireux de s’affirmer sur le créneau porteur des réseaux sociaux. Avec un jeu qui semble bien pensé et capable de présenter un intérêt tout au long du casting (qui prendra fin le 30 juin à l’Olympia), AZ offre a chacun la possibilité de jouer les directeurs artistiques et de prendre part aux sélections, même si le jury a, ainsi que nous le rappelle Valéry Zeitoun, “le final cut“. Nul doute que l’initiative représente également une opération séduction pour les annonceurs, qui s’ils sont absents du dispositif cette année, devraient vite comprendre l’intérêt de s’y greffer.

Je veux signer chez AZ sur Facebook, Twitter, Blog, FlickR
Diffusion d’un documentaire retraçant la première saison le 13/04 sur W9
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Amazon ouvre son locker musical http://owni.fr/2011/04/01/amazon-ouvre-son-locker-musical/ http://owni.fr/2011/04/01/amazon-ouvre-son-locker-musical/#comments Fri, 01 Apr 2011 07:00:09 +0000 David Héry - AF83média http://owni.fr/?p=31412 David Héry est rédacteur en chef du site AF83média.

Apple et Google sont sur les rangs pour lancer leur service de musique dématérialisée mais Amazon les devance en proposant le service Amazon Cloud Player, permettant aux utilisateurs de stocker leur bibliothèque musicale en ligne et d’y accéder via n’importe quel ordinateur ou mobile Android.

Avant toute chose, l’Amazon Cloud Player n’est disponible pour l’instant que sur le marché américain. Néanmoins, il devrait arriver chez nous très prochainement. L’Amazon Cloud Player se compose d’un Cloud Drive et d’un Cloud Player, le premier servant à stocker les fichiers et le second à les lire. Amazon met à disposition gratuitement 5 Go d’espace pour tous les internautes (soit 1000 chansons, 2000 photos ou 20 minutes de vidéo) et 20 Go à condition d’acheter un nouvel album sur Amazon. Ensuite, il est possible d’agrandir son espace de stockage à 50 Go (50 $ par an), 100 Go (100 $ par an), 200 Go (200 $ par an), 500 Go (500 $ par an) ou 1000 Go (1000 $ par an). Ce service est disponible sur les mobiles Android mais pas sur les iPhone. Amazon compte ainsi proposer une alternative à l’hégémonie d’iTunes.

“Nos clients nous ont dit qu’ils ne voulaient pas télécharger de musique sur leurs ordinateurs et portables de travail parce qu’ils trouvaient cela difficile de déplacer la musique d’un appareil à un autre”

explique Bill Carr, vice-président du département musique et films chez Amazon.

“Maintenant, qu’ils soient au boulot, à la maison ou sur leurs trajets, les clients peuvent acheter de la musique via Amazon MP3 et la stocker dans le cloud et la jouer n’importe où”.

La consommation de musique dématérialisée représente également un enjeu majeur pour Google et Apple. Google devait lancer à Noël dernier un service équivalent à celui d’Amazon. D’après les informations qui ont filtré,

ce service permettrait d’accéder à un espace de stockage virtuel et à une boutique de téléchargement pour 25 $ par an. Il permettrait également aux utilisateurs de partager des playlists. Pour le moment, Google est en pourparlers avec les maisons de disques pour s’entendre sur les conditions de rémunération du service.

De son côté, Apple travaillerait également sur un service de musique dématérialisée adossé à l’iTunes Store. Fin 2009, la société avait racheté lala.com, un site de streaming concurrent d’iTunes. Fermé depuis mai 2010, le site n’a pas réouvert depuis mais Apple utiliserait ses ingénieurs pour développer un service similaire à celui proposé par Amazon. Ce service serait inclus dans une nouvelle version de MobileMe qui permettrait à l’internaute d’accéder à ses fichiers musicaux via un service de musique en ligne, le tout pour 20 $ par an. Apple aurait déjà conclu un accord avec la major Warner.

A côté de ces poids lourds d’internet, de plus petites structures travaillent sur le concept de musique dématérialisée. Ainsi, lors du MidemNet Lab qui se tenait au cours du Midem en janvier dernier, l’application anglaise Psonar faisait partie du concours désignant LA start-up musique digitale B2C de l’année. Psonar permet à ses utilisateurs de sauvegarder leurs musiques dans un cloud et d’y accéder à tout moment et depuis tout type d’appareil. La start-up a développé également une nouvelle façon d’écouter de la musique légalement, le Pay-Per-Play. L’utilisateur peut écouter une chanson une fois. Cette écoute lui coûte une mini-facturation reportée sur son abonnement téléphonique.

Enfin, Spotify, pionnier sur le marché européen, permet depuis un an la fusion d’une bibliothèque musicale locale avec les morceaux du service. Mais ce service n’est pas disponible aux Etats-Unis. Autant dire qu’Amazon vient de frapper un grand coup sur le marché américain et que ses concurrents vont devoir réagir au plus vite. A suivre…

- EDIT -
Sony Music Entertainment a été la première major à réagir à l’annonce d’Amazon, par la voie d’un des ses porte-parole, qui a confié au Wall Street Journal : “Nous sommes déçus que le service de “locker” proposé par Amazon ne soit pas en accord avec les licences Sony Music”.

Ce à quoi Craig Pape, le directeur des services musicaux chez Amazon a répondu qu’il n’était pas d’accord : “Nous n’avons pas besoin de licence pour stocker de la musique. Notre service a les mêmes fonctionnalités qu’un disque dur externe”. (source : The New York Times).

Article initialement publié sur AF83média

Crédits photos : CC FlickR flakeparadigm ; cuttlefish

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Retour sur la startup australienne Guvera http://owni.fr/2011/03/23/retour-sur-la-startup-australienne-guvera/ http://owni.fr/2011/03/23/retour-sur-la-startup-australienne-guvera/#comments Wed, 23 Mar 2011 17:00:31 +0000 Guillaume Vialet http://owni.fr/?p=31320 Il y a un an la startup Guvera se lançait aux États-Unis, après une brève bêta sur son marché natif, l’Australie.  Dernière venue dans l’univers du téléchargement financé par la publicité, cette société a développé un modèle publicitaire non intrusif en prenant le contre-pied de ses concurrent (comme le format vidéo « pre-roll » de Beezik) et en intégrant le musique au cœur de la marque.

Guvera, acteur du « tout-gratuit » financé par la pub

Guvera est un nom qui ne doit probablement rien vous évoquer. C’est pourtant avec Beezik et Echolize une des rares offres de téléchargement gratuit (et immédiat) de musique sur le Web, sans DRM évidemment.

Cette société australienne s’est lancée sur son marché en décembre 2009 afin de roder son service tout en capitalisant sur les artistes locaux. Après deux levées de fonds totalisant 30 millions de dollars, elle a très vite mis le cap sur les États-Unis fin mars 2010 avec de grosses ambitions : y détrôner tous les acteurs du marché.

Pour ceux qui ne connaissent pas les principes de fonctionnement du « Ché » de la musique numérique, un billet publié sur le blog de l’auteur vous présentera en détail le service qui se veut une alternative au téléchargement pirate.

Le magazine Billboard a d’ailleurs classé Guvera en 8ème position des meilleures startups musicales de l’année 2010.

Vers une troisième levée de fonds de $9 millions

Malgré les sommes déjà levées il y a à peine un an, la société a lancé fin octobre 2010 une augmentation de capital afin de récolter au mieux 9 millions de dollars auprès de ses investisseurs initiaux (via AMMA Private Investment) ainsi que de nouveaux entrants.

Le dossier financier nous en apprend plus sur la situation actuelle de Guvera, ses freins ainsi que ses ambitions. Le premier objectif est de sécuriser les contrats passés entre Guvera et les majors EMI et Universal Music aux États-Unis et en Australie (pas moins de $700,000 seraient ainsi consacrés à ces contrats signés dans l’hypothèse d’une levée de fond minimale d’un million de dollars).

Les fonds levés, s’ils devaient atteindre les objectifs les plus optimistes, serviraient également à convaincre Sony-BMG d’ouvrir son catalogue dans ces deux pays et Warner en Australie seulement (la major étant particulièrement frileuse face aux sites « gratuits »). Du point de vue musique justement, le document fait état d’un tout petit million de morceaux MP3 encodés en 256 kbps, mais la société a annoncé disposer de 3 millions de titres sur Twitter en février dernier.

Guvera révèle aussi ses intentions d’explorer d’autres produits que la musique (films et séries TV) et de développer des applications mobiles afin d’y permettre le streaming de titres (le streaming sera à mon sens le cheval de bataille de l’année 2011 pour bien des startups). Guvera a aussi ouvert une antenne en Angleterre où elle négocierait les droits d’accès aux catalogues de musique.

Côté utilisateurs, bien que la startup se félicite de recruter 10 000 nouveaux utilisateurs par mois, elle ne comptait que 160 000 membres en janvier 2011 tous pays confondus (cf. annonce sur Twitter). Ils étaient 120 000 en octobre. C’est extrêmement peu sur un créneau aussi porteur que le gratuit, comparé aux 1,2 millions de membres de Beezik lancé quelques mois plus tôt mais sur un marché français considérablement plus petit et sans réel effort de communication.

Des taux de clics de 10% et plus

Les études de cas qui illustrent le dossier financier nous révèlent que le taux de clic s’échelonne entre 7% (pour American Express qui est aussi client de Free All Music) jusqu’à un remarquable 40% ; la moyenne des cas repris correspond plutôt à un taux de clic de 10~12%. Mais est-ce cependant l’exception ou la règle du système Guvera ?

L’entreprise, qui espère être profitable fin 2011-début 2012, fait état d’un chiffre d’affaire très modeste : 17 000 dollars de ventes réalisées en 2010 (chiffre à prendre avec beaucoup de précautions). Ce chiffre peut s’expliquer par la nécessité pour un annonceur d’une part de maîtriser le concept particulier des chanels développé par la startup, et d’autre part la difficulté d’évaluer le ROI d’une opération relativement coûteuse (plusieurs milliers de dollars, chaque titre téléchargé étant évidemment payé par l’annonceur).

Il est d’ailleurs intéressant de jeter un œil à leur documentation commerciale qui met l’accent sur la fidélisation client quitte à faire une entorse à son modèle publicitaire original, diversification probablement imposée par le marché. Une démarche B2B – sans passer par le recrutement coûteux et la qualification de membres – aurait sans doute été plus judicieuse.

C’est d’ailleurs sur ce créneau que la société française MyFanGroup s’est tout de suite positionnée. Mais sur ce marché, Guvera a devant elle d’autres concurrents aux États-Unis : Music Interactive et Free All Music

Quelques enseignements tirés de cette année d’exploitation

  • La musique représente 3/4 des besoins en trésorerie de la société, c’est un poids considérable et un frein au développement de toute startup officiant dans le monde de la musique numérique.
  • Le tout-gratuit n’est pas synonyme d’inscriptions spontanées et en nombre. Il aura fallu sponsoriser un roadshow pour que Guvera voit enfin son taux d’inscription grimper, malgré une couverture médiatique supérieure ou égale à celle de Beezik. Le processus d’accès à la musique est donc capital (téléchargement immédiat et illimité sur Beezik, limité et au final différé sur Guvera) en matière d’acquisition d’utilisateurs.
  • Convaincre les annonceurs d’utiliser un nouveau support publicitaire en ligne prend nécessairement beaucoup de temps. Le point mort ne sera atteint qu’après deux années d’activité selon les prévisions optimistes de Guvera. Les moyens humains et financiers liés à la commercialisation de ses produits représentent (après le développement de la plateforme en 2008-2010) le principal poste de dépenses de la société, derrière la musique.

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Cet article a été initialement publié sur vialet.org

Voir l’article sur Beezik publié sur OWNImusic

Crédits photos : Guvera press

Il y a un an se lançait aux États-Unis la startup Guvera, après une bêta de quelques mois en Australie.

Guvera est un nom qui ne doit probablement rien vous évoquer. C’est pourtant avec Beezik et Echolize une des rares offres de téléchargement gratuit (et immédiat) de musique sur le Web, sans DRM évidemment.

Guvera, acteur du « tout-gratuit » financé par la pub

Cette société australienne s’est lancée sur son marché en décembre 2009 afin de roder son service tout en capitalisant sur les artistes locaux. Après deux levées de fonds totalisant 30 millions de dollars, elle a très vite mis le cap sur les États-Unis fin mars 2010 avec de grosses ambitions : y détrôner tous les acteurs du marché.

Pour ceux qui ne connaissent pas les principes de fonctionnement du « Ché » de la musique numérique, un précédent billet vous présentera le service qui se veut une alternative au téléchargement pirate.

Le magazine Billboard a d’ailleurs classé Guvera en 8ème position des meilleures startups musicales de l’année 2010.

Vers une troisième levée de fonds de $9 millions

Malgré les sommes déjà levées il y a à peine un an, la société a lancé fin octobre 2010 une augmentation de capital afin de récolter au mieux 9 millions de dollars auprès de ses investisseurs initiaux (via AMMA Private Investment) ainsi que de nouveaux entrants.

Le dossier financier nous en apprend plus sur la situation actuelle de Guvera, ses freins ainsi que ses ambitions. Le premier objectif est de sécuriser les contrats passés entre Guvera et les majors EMI et Universal Music aux États-Unis et en Australie (pas moins de $700,000 seraient ainsi consacrés à ces contrats signés dans l’hypothèse d’une levée de fond minimale d’un million de dollars).

Les fonds levés, s’ils devaient atteindre les objectifs les plus optimistes, serviraient également à convaincre Sony-BMG d’ouvrir son catalogue dans ces deux pays et Warner en Australie seulement (la major étant particulièrement frileuse face aux sites « gratuits »). Du point de vue musique justement, le document fait état d’un tout petit million de morceaux MP3 encodés en 256 kbps, mais la société a annoncé disposer de 3 millions de titres sur Twitter en février dernier.

Guvera révèle aussi ses intentions d’explorer d’autres produits que la musique (films et séries TV) et de développer des applications mobiles afin d’y permettre le streaming de titres (le streaming sera à mon sens le cheval de bataille de l’année 2011 pour bien des startups). Guvera a aussi ouvert une antenne en Angleterre où elle négocierait les droits d’accès aux catalogues de musique.

Côté utilisateurs, bien que la startup se félicite de recruter 10 000 nouveaux utilisateurs par mois, elle ne comptait que 160 000 membres en janvier 2011 tous pays confondus (cf. annonce sur Twitter). Ils étaient 120 000 en octobre. C’est extrêmement peu sur un créneau aussi porteur que le gratuit, comparé aux 1,2 millions de membres de Beezik lancé quelques mois plus tôt mais sur un marché français considérablement plus petit et sans réel effort de communication.

Des taux de clics de 10% et plus

Les études de cas qui illustrent le dossier financier nous révèlent que le taux de clic s’échelonne entre 7% (pour American Express qui est aussi client de Free All Music) jusqu’à un remarquable 40% ; la moyenne des cas repris correspond plutôt à un taux de clic de 10~12%. Mais est-ce cependant l’exception ou la règle du système Guvera ?

L’entreprise, qui espère être profitable fin 2011-début 2012, fait état d’un chiffre d’affaire très modeste : 17 000 dollars de ventes réalisées en 2010 (chiffre à prendre avec beaucoup de précautions). Ce chiffre peut s’expliquer par la nécessité pour un annonceur d’une part de maîtriser le concept particulier des chanels développé par la startup, et d’autre part la difficulté d’évaluer le ROI d’une opération relativement coûteuse (plusieurs milliers de dollars, chaque titre téléchargé étant évidemment payé par l’annonceur).

Extrait de la brochure commerciale de Guvera

Il est d’ailleurs intéressant de jeter un œil à leur documentation commerciale qui met l’accent sur la fidélisation client quitte à faire une entorse à son modèle publicitaire original, diversification probablement imposée par le marché. Une démarche B2B – sans passer par le recrutement coûteux et la qualification de membres – aurait sans doute été plus judicieuse.

C’est d’ailleurs sur ce créneau que la société française MyFanGroup s’est tout de suite positionnée. Mais sur ce marché, Guvera a devant elle d’autres concurrents aux États-Unis : Music Interactive et Free All Music

Quelques enseignements tirés de cette année d’exploitation

  • La musique représente 3/4 des besoins en trésorerie de la société, c’est un poids considérable et un frein au développement de toute startup officiant dans le monde de la musique numérique.
  • Le tout-gratuit n’est pas synonyme d’inscriptions spontanées et en nombre. Il aura fallu sponsoriser un roadshow pour que Guvera voit enfin son taux d’inscription grimper, malgré une couverture médiatique supérieure ou égale à celle de Beezik. Le processus d’accès à la musique est donc capital (téléchargement immédiat et illimité sur Beezik, limité et au final différé sur Guvera) en matière d’acquisition d’utilisateurs.
  • Convaincre les annonceurs d’utiliser un nouveau support publicitaire en ligne prend nécessairement beaucoup de temps. Le point mort ne sera atteint qu’après deux années d’activité selon les prévisions optimistes de Guvera. Les moyens humains et financiers liés à la commercialisation de ses produits représentent (après le développement de la plateforme en 2008-2010) le principal poste de dépenses de la société, derrière la musique.
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http://owni.fr/2011/03/23/retour-sur-la-startup-australienne-guvera/feed/ 0
En savoir plus sur Connected Creativity http://owni.fr/2011/03/03/en-savoir-plus-sur-connected-creativity/ http://owni.fr/2011/03/03/en-savoir-plus-sur-connected-creativity/#comments Thu, 03 Mar 2011 17:02:35 +0000 Lara Beswick http://owni.fr/?p=30649 Lors du Midem, nous vous avions parlé d’un concept qui nous avait intrigué, un événement qui se nommera Connected Creativity et organisé par Reed MIDEM, en partenariat avec GMSA. Pour en savoir un peu plus sur cet événement qui malgré son titre aguicheur ne semble par faire grand bruit dans les couloirs de l’industrie, nous sommes allés interviewer Anne de Kerckhove, directrice de la division entertainment de Reed MIDEM.

C’est une première édition et si l’on connaît la démarche marchande de Reed MIDEM, on ne peut nier la qualité des salons qu’ils organisent. Bien que tout le monde se satisfasse du Ô grand MIDEM, on a voulu en savoir plus sur la première édition qui se trame et qui devrait, nous semble-t-il davantage faire parler d’elle.

La première fois que nous avons abordé le sujet, nous avons été un peu surpris par la stratégie tarifaire mise en place pour cet événement. Tout participant à Connected Creativity était d’emblée considéré comme un client du MIPTV et devait donc payer 1495€ afin d’accéder à la première. Depuis, la stratégie a été révisée et nous semble bien plus cohérente. Aujourd’hui, l’accès à Connected Creativity seul sera de 600€ alors qu’un tarif spécial Connected Creativity Forum + MIPTV a été mis en place pour les startups soit 950€ pour deux personnes.

Il restera cependant un espace commun entre les deux salon qui sera le Experience Hub, un espace d’expérimentation où les deux communautés pourront apprécier les dernières inventions en matière de nouvelles technologies liées aux contenus “culturels”.

Quand on sait que facebook, qui n’a pas pris la peine de se déplacer au MIDEM, sera présent à Connected Creativity, on se pose quand même des questions sur le dédain français vis-à-vis de cet événement. Donc, histoire de ne pas prendre dix ans de retard comme on en a la fâcheuse habitude, prenons un peu d’avance et profitons de ce qui se passe chez nous !

Entretien avec Anne de Kerckhove (directrice de la division entertainment de Reed MIDEM) :

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Interview réalisé par Lara Beswick

Montage effectué par Romain Saillet

Crédit Photos

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#MIDEM11 : J Sider fondateur et PDG de Root Music http://owni.fr/2011/02/25/midem11-j-sider-fondateur-et-pdg-de-root-music/ http://owni.fr/2011/02/25/midem11-j-sider-fondateur-et-pdg-de-root-music/#comments Fri, 25 Feb 2011 16:07:13 +0000 Loïc Dumoulin-Richet http://owni.fr/?p=30553 Présent au MIDEM 2011 pour y défendre Root Music, lors de la finale des start-ups B2B, son fondateur et PDG J Sider nous a accordé un entretient dans lequel il expose les perspectives d’avenir de l’application musicale Facebook numéro 1. Un avenir qui s’annonce prometteur.

En effet Root Music venait, quelques jours avant notre entretien, de clôturer une levée de fonds de 2,3 millions de dollars, qui devrait permettre à la start-up de s’étendre considérablement dans les mois à venir. Retour donc sur un concept simple et abordable pour tous les musiciens désireux de faire de leur page Facebook un endroit bien à eux et au service de leurs fans.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Interview réalisée par Lara Beswick et Loïc Dumoulin-Richet

Montage : Romain Saillet. Crédit musique : Artner.

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#MIDEM11 Mobile Roadie : l’app musicale à portée de tous http://owni.fr/2011/02/24/midem11-mobile-roadie-lapp-musicale-a-portee-de-tous/ http://owni.fr/2011/02/24/midem11-mobile-roadie-lapp-musicale-a-portee-de-tous/#comments Thu, 24 Feb 2011 13:02:23 +0000 Loïc Dumoulin-Richet http://owni.fr/?p=30504 Le MIDEM est l’occasion parfaite de faire se croiser entrepreneurs, professionnels de la musique, artistes et représentants de médias. L’édition 2011 n’y a pas fait exception, et la manifestation cannoise, même si elle a vu sa fréquentation baisser par rapport aux années précédentes, s’est encore fait le carrefour des initiatives innovantes et réflexions sur le futur d’une industrie qui peine parfois à savoir de quoi il sera fait.

Parmi les entreprises présentes au Palais des Festivals en cette fin janvier, l’américaine Mobile Roadie. La start-up est née en 2009 au célébrissime festival/rendez-vous mondial des start-ups innovantes South By South West ou SXSW (pour lequel OWNI concourt d’ailleurs au titre de “News Related Technology”).

Son co-fondateur, Michael Schneider, est ce que l’on peut appeler un entrepreneur précoce… et un “workaholic”.
Fondateur dès son quinzième anniversaire de “Video Game Central”, une solution pour vendre des jeux vidéo neufs et d’occasion, puis l’agence interactive Fluidesign deux ans plus tard. En 2007, Michael Schneider crée Nesting.com, un portail à destination des mères de famille avant de lancer Mobile Roadie en 2009.

Il nous parle des perspectives de son entreprise dans le contexte de l’industrie de la musique, et nous apporte sa vision des opportunités de celle-ci pour l’année 2011.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Son interview est à compléter avec celle de Matthieu Gazier, le représentant français de Mobile Roadie. Celui-ci nous apporte une vision locale complémentaire de celle, globale, de Michael Schneider. Il évoque le marché français de la musique et sa réactivité quant aux applications mobiles.

Il est également fondateur d’Ekler’o’shock, un label électro parisien.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Retrouvez Michael Schneider sur Twitter et sur son blog personnel.

Interviews réalisées par Lara Beswick et Loïc Dumoulin-Richet – Montage : Romain Saillet – Crédit musique : Artner.

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Le modèle Beezik décortiqué http://owni.fr/2011/02/14/le-modele-beezik-decortique/ http://owni.fr/2011/02/14/le-modele-beezik-decortique/#comments Mon, 14 Feb 2011 11:00:07 +0000 Caroline J. http://owni.fr/?p=30268 Caroline J. vit au Québec et écrit sur le blog EntertainD

Aujourd’hui, je vous présente un petit bijou d’Internet que j’ai découvert et qui, selon moi, représente une véritable révolution dans le monde de la musique: Beezik . Enfin un concept qui ravit tout le monde : une plateforme de téléchargement de musique gratuite ET légale !

L’entreprise naît en 2009 d’un constat très simple : depuis 10 ans, les internautes rechignent à payer pour l’achat de musique. Beaucoup de sites d’écoute de musique apparaissent, mais cela oblige toujours les utilisateurs à rester connectés devant leurs ordinateurs. Ainsi, pour se démarquer, les fondateurs de Beezik ont choisi de miser sur la portabilité des morceaux en créant le premier site de téléchargement de musique entièrement gratuit et légal. Mais comment rentabiliser le site sans faire payer l’utilisateur?

Publicité : oui, mais pas n’importe comment !

Toujours la même recette : la publicité. Mais avec modernité et originalité !
1) une première publicité audiovisuelle apparaît pendant le téléchargement, mais pas n’importe laquelle : celle que vous aurez choisie auparavant parmi les 4 marques qui vous auront été proposées (et il y en a pour tous les goûts!) ;
2) une fois sur votre ordinateur, une publicité fixe de la marque choisie est accolée à l’image du titre extrait ;
3) cette même publicité apparaît sur tous les supports d’écoute où le morceau est exporté (dont la nouvelle application pour iPhone et iPod), car les fondateurs ont optimisé le téléchargement pour proposer des titres sans DRM.
4) et comme si cela ne suffisait pas, à la fin de la procédure, vous êtes récompensé de 0,30€ à dépenser chez les sites transactionnels partenaires.`

Le revers de la médaille

La majorité des revenus du site vient des publicités visualisées pendant le téléchargement. Ainsi, pour survivre, le site doit s’assurer de nombreux annonceurs et donc proposer un concept avantageux à ces marques. C’est là que Beezik devient innovant : en plus de choisir votre publicité, le site ne vous laisse que quelques secondes pour confirmer votre téléchargement. Les fondateurs assurent ainsi à leurs clients annonceurs une grande visibilité : la promesse de visionnage complet de la publicité par les internautes incite les marques à signer.

Mais ça ne s’arrête pas là, la visibilité de la marque est renforcée par sa présence en dessous du titre sur chaque support utilisé. Et, bien sûr, comme c’est l’utilisateur qui a choisi la marque publicisée, l’annonceur est certain de rejoindre un public intéressé. C’est grâce à ce concept intelligent que Beezik a déjà réuni plus de 40 marques et non des moindres : Nike, EMI, Mc Donald, Blackberry…
Et ça rapporte gros! A 25 centimes le clic (pour l’annonceur) et avec plus d’un million de membres, il est certain que la jeune start-up Beezik est vouée à devenir une grande entreprise (Source : Techcrunch).
Enfin, la récompense de 0,30€ par téléchargement est aussi, selon moi, une publicité détournée. Après avoir téléchargé plusieurs morceaux (et donc avoir amassé quelques euros), l’internaute est tenté de dépenser la somme acquise chez les sites partenaires. Et Beezik reçoit certainement un pourcentage des ventes pour la redirection des internautes vers ses partenaires, ce qui assure encore une fois la rentabilité du site.

Et les artistes ???

Bien sûr, une partie des revenus est reversée aux artistes et autres ayant-droits (maisons de production…). Mais les spécialistes du domaine restent partagés : les revenus de ce type de commerce ne sont pas aussi importants que ceux de la vente de disques, ou même de la vente de titres numériques. Et les maisons de production commencent à s’interroger sur l’avenir de la musique face au commerce électronique musical de plus en plus populaire.
Les artistes ont déjà envahi le web pour leur promotion : ils sont maintenant présents sur les réseaux sociaux, créent leur propre site, et profitent des nouvelles chaînes musicales sur internet. De leur côté, bien qu’ils aient accepté cette évolution dans la promotion des artistes et de leurs disques, les producteurs ne sont pas encore prêts à transposer cette révolution dans la distribution de leur musique sur la toile.

Beezik pose la question de la viabilité du modèle de téléchargement sponsorisé par la publicité (après le streaming, avec Spotify et Deezer notamment) mais semble pour le moment être une alternative satisfaisante aux plateformes classiques. Il sera intéressant d’observer l’évolution de ce business model dans les mois à venir.

Article initialement publié sur le blog EntertainD.

Crédits photos : FlickR CC allthatimprobableblue

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Attention bon plan clip : FluidRiver http://owni.fr/2011/02/09/attention-bon-plan-clip-fluidriver/ http://owni.fr/2011/02/09/attention-bon-plan-clip-fluidriver/#comments Wed, 09 Feb 2011 16:37:06 +0000 Owni Music http://owni.fr/?p=30204 Sébastien Gilles a un sacré parcours dont il nous parlera ci-dessous. Il a fondé FluidRiver en 2009. Une plateforme qui fait le liens entre les secteurs de la musique et les cinéastes. Issu d’un monde étranger à la musique, nous l’avons rencontré pour qu’il nous fasse part de ses observations et nous résume l’état actuel de sa société.

Quel est ton parcours professionnel ? Comment en es-tu arrivé à travailler avec le monde musical ?

J’ai un profil plutôt atypique pour le monde musical, avec un parcours d’ingénieur, de chercheur puis d’entrepreneur en nouvelles technologies, venu sur le tas à la musique par passion.

Après des études d’ingénieur à l’ENSTA, j’ai fait une thèse à l’université d’Oxford en vision artificielle. Je m’intéressais à la manière de “faire voir” les machines, mon univers était celui des images. De retour en France, j’ai rejoint un institut de recherche, l’INRIA avant de fonder une startup en reconnaissance d’images avec d’autres chercheurs, LTU Technologies. Je suis passé du statut de chercheur à celui d’entrepreneur et j’ai été le directeur scientifique de LTU pendant 9 ans. En 2005, nous avons été rachetés par un groupe Japonais et en 2008 j’ai quitté la société.

Les années 2000-2008 m’ont donné le goût d’entreprendre, c’est-à-dire de partir d’une idée et de la réaliser. Et j’avais bien l’intention de me relancer dans un nouveau projet, avec cette fois-ci la possibilité d’y associer une dimension artistique.

Il s’est trouvé que pendant que je réfléchissais à des idées de projets, j’ai découvert toute une scène underground à Paris, organisée autour de squats artistiques éphémères où se déroulent lectures, performances audiovisuelles et concerts, le tout dans un esprit incroyable de liberté de création, hors de tout cadre officiel. J’ai rencontré beaucoup d’artistes dans ces squats -des musiciens, des vidéastes, des VJs (Visual Jockeys) ou des artistes qui explorent le “net-art”.

L’apport de la vidéo à la musique m’est apparu essentiel, à la fois pour des raisons esthétiques et artistiques, mais aussi pour des raisons de circulation de l’oeuvre auprès du public et donc de sa promotion sur les réseaux. Par exemple, un lien vidéo voyage plus vite et plus loin qu’un lien musical sur le réseau, parce que le taux de partage entre internautes est statistiquement plus élevé. La raison en est que les images qui accompagnent un lien partagé sur Facebook agissent comme un aimant pour nos yeux : nous sommes attirés sans même le vouloir. Un lien textuel n’a pas le même effet.

Lire demande toujours un effort, alors que voir n’en nécessite pas. Un lien vers un clip est donc un véhicule puissant de découverte, de partage et de circulation d’un morceau musical sur la Toile.

Avant, un clip était un moyen pour les artistes d’accéder au média “télévision”. C’était un investissement lourd et son coût le mettait hors de portée d’une majorité d’artistes, il était donc souvent réservé à une élite. Aujourd’hui, l’audience ne se trouve plus en télévision mais sur Internet. On y diffuse une vidéo gratuitement, mondialement et sans limitation de temps et c’est à la portée de tout le monde.

Quant à la révolution numérique dans l’audiovisuel de ces 20 dernières années, elle a eu pour effet de mettre des outils professionnels dans les mains de l’amateur. Caméras HD, disque dur portables, logiciels complets de post-production, tous ces outils sont aujourd’hui démocratisés. C’est le même phénomène qu’en musique avec la révolution des home studios.

Au final, on voit bien que la technologie et les outils sont là, disponibles, accessibles à tous. En d’autres termes, ce n’est plus l’outil qui différencie le professionnel de l’amateur dans la production audiovisuelle, mais le savoir-faire, le talent et la sensibilité. Donc la seule chose qui manquait pour permettre à chaque artiste d’avoir une chance d’accéder au clip, c’était de pouvoir faire découvrir sa musique et entrer en contact avec des vidéastes. Et l’idée de créer un réseau de musiciens et de vidéastes pour provoquer des rencontres artistiques et faire des clips a germé : FluidRiver était né.

Quel est le concept de FluidRiver ? A quelles problématiques cela répond-t-il ?

FluidRiver est un réseau de réalisateurs et de musiciens. Le but : faire des clips différemment, pour changer l’image de la musique. Pour les labels, c’est une nouvelle manière de travailler le clip, en accédant à un vaste réseau de réalisateurs professionnels, souvent jeunes, créatifs et innovants.

Plutôt que de choisir un réalisateur uniquement sur ses références -ce qui privilégie les réalisateurs déjà établis, avec un risque évident et avéré d’uniformisation visuelle, le principe est de retenir un réalisateur pour ses idées.

FluidRiver étant bien entendu garant d’une qualité en ayant sélectionné les réalisateurs en amont.

Avec sa forte culture de l’image et du cinéma, ses nombreuses formations et écoles d’audiovisuel, la France est un vivier de talents créatifs dans le domaine de l’image. Grâce à FluidRiver, les labels ont un accès direct et simplifié à cette source de talents, tandis que certains réalisateurs reçoivent des appels d’offre de clips auxquels ils n’auraient jamais eu accès seuls.

Pour les artistes et réalisateurs amateurs, FluidRiver est un réseau où l’on se rencontre, gratuitement. Lorsqu’on est un groupe amateur, on n’a pas forcément autour de soi un ami vidéaste, prêt à réaliser même un petit clip. Grâce à FluidRiver, on peut faire écouter sa musique et nouer des contacts avec des réalisateurs du monde entier. Inversement, beaucoup de jeunes réalisateurs veulent développer leur bande-démo, mais manquent de projets intéressants. FluidRiver est pour eux l’occasion d’accéder à un vaste choix de musique.

Comment ça marche? Y a t il une sélection pour participer?

FluidRiver est ouvert à tous, musiciens comme réalisateurs. Chacun est libre de s’inscrire, créer un profil, y diffuser morceaux, images et vidéos et entrer en contact avec d’autres membres.

Côté amateur, ça marche de manière assez simple : un musicien crée un projet de clip, qui est une page permettant d’écouter le morceau avec un petit brief succinct. Les réalisateurs écoutent ainsi les morceaux et, à la manière de Facebook, peuvent faire une demande de contact au musicien. Si un clip nait à la suite de cette rencontre, les deux artistes ont la possibilité de signer électroniquement « l’autorisation croisée », qui est un contrat qui attribue la paternité conjointe du clip aux deux artistes, les protège l’un l’autre et les autorise à procéder à sa diffusion libre et gratuite, notamment sur FluidRiver. C’est une sorte de PACS vidéo-musical. Les artistes sont bien sûr libres de ne pas utiliser cette licence et de collaborer comme bon leur semble.

Concernant les réalisateurs professionnels, je procède à une sélection en amont, en privilégiant une approche esthétique originale, une prise de risque artistique. Ces réalisateurs recevront alors gratuitement les appels d’offre, libre à eux d’y participer ou pas. Chacun conserve donc sa liberté. Je référence aussi directement des sociétés de production audiovisuelle, qui elles-mêmes ont plusieurs réalisateurs.

Pour les labels qui recherchent un réalisateur, j’interviens directement et personnellement en rencontrant les artistes, le label, le manager. J’écoute ce qu’ils me disent, leurs attentes en terme d’image, et je rédige un brief artistique à destination des réalisateurs professionnels. Ce brief comprend notamment un budget fixe (la compétition entre réalisateurs n’est donc pas financière) et toutes les informations nécessaires pour poser sa candidature. Quinze jours ou trois semaines plus tard, le label reçoit plusieurs propositions de scénario, accompagnés d’une note d’intention, de références visuelles, etc.

Il n’est pas rare sur un appel d’offre FluidRiver d’avoir une dizaine ou une quinzaine de propositions de réalisateurs, toutes rentrant dans une enveloppe budgétaire fixée en amont. Ceci serait simplement impossible à faire en label, à moins qu’un chargé de projet y passe plusieurs semaines à temps complet.

Quel est votre modèle économique?

FluidRiver est ce qu’on appelle un service « freemium » : le service est payant pour un usage professionnel et gratuit pour un usage amateur.

Sur un appel d’offre de clip professionnel, FluidRiver perçoit une commission de 10% sur le budget de production du clip si un réalisateur est retenu. Dans le cas contraire, et si au moins 5 propositions de scénario ont été fournies par FluidRiver, une somme forfaitaire de 200€ sera demandée au label. Ceci permet de proposer une offre très attractive, sans risque, à tous les labels.

FluidRiver a aussi été sollicité pour des films publicitaires et ça c’était une vraie surprise pour moi. Je me suis rendu compte que le réseau de réalisateurs professionnels que j’avais créé commençait à avoir une valeur pour le monde de la publicité. La raison en est simple : les agences Web, dont le métier de base est de réaliser un site Web, proposent de plus en plus de contenus vidéos créatifs aux marques, que ce soit pour habiller des sites Web ou dans le cadre de campagnes publicitaires sur Internet. Les agences web ou marketing qui cherchent des réalisateurs ont avec FluidRiver un outil puissant pour accompagner leurs projets. Ainsi, FluidRiver a placé deux réalisateurs pour un habillage vidéo de site pour Evian (avec l’agence Plan-Net) et un film d’animation promotionnel pour Ecofolio (avec WordsOff et l’agence Ligaris).

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Quelles sont vos ambitions à court et long terme pour FluidRiver?

Depuis sa création en octobre 2009, FluidRiver a réalisé plus d’une dizaine de clips professionnels, dont plusieurs ont été diffusés sur MTV, M6, etc. C’est peu et beaucoup à la fois, surtout quand on part de zéro! Les clips FluidRiver ont été vus par plus de 2 millions de personnes sur Internet (YouTube ou Dailymotion), nous avons travaillé pour des artistes prestigieux comme Vitalic et deux clips FluidRiver faisaient partie des trente nominés pour projection sur écran géant à Rock En Seine. Mes toutes premières ambitions ont donc largement été dépassées.

Aujourd’hui la priorité reste de développer le réseau des réalisateurs et d’augmenter le nombre de projets de clips. FluidRiver est virtuellement le plus gros réseau de réalisateurs professionnels en France, nous sommes donc loin d’avoir atteint notre vitesse de croisière. Mes efforts vont donc aller vers les labels, major ou indés. Je pense aussi aux agences web ou marketing car de nombreux projets de vidéos virales fleurissent dans ce domaine, et les budgets sont plus importants qu’en clip. Concernant le service gratuit aux amateurs, mon ambition est aussi de le développer, d’élargir la base des groupes et vidéastes, en France et à l’étranger. J’aime l’idée d’un joyeux melting-pot vidéo-musical, de ce bouillon de culture où les gens peuvent se rencontrer pour faire des images atypiques. C’est le “off” de FluidRiver, son côté laboratoire audiovisuel.

Je continue aussi une série de portraits de réalisateurs de clips, renvoyant la lumière à ceux qui la posent sur les artistes. Ils ont toujours un regard très intéressant sur les arts audiovisuels et la musique, vu du côté du réalisateur de clip. Les portraits sont visibles sur le blog de Fluidriver.

Que penses-tu de l’avenir du clip? Des chaines de télévisions spécialisée musique ?

Je pense que le clip est à un tournant de sa vie. Depuis les Scopitones du début des années 60, à la création de MTV en 1980, jusqu’au tsunami YouTube, on voit que son importance dans la vie musicale n’a fait que croître. Le clip est le type de contenu le plus recherché sur YouTube, et le plus partagé sur Facebook.

Le clip est un lieu d’expérimentation audiovisuel, où naissent de nouvelles techniques et façons de filmer, qui sont ensuite utilisées en pub ou en long-métrages. C’est aussi un miroir de la société, on y retrouve les doutes, les sujets et les préoccupations du moment, ainsi que toutes les tendances de look, de style, d’accessoires actuels. Le clip puise son inspiration dans le design, l’architecture, la mode, la photographie, le cinema et la musique : c’est un sport complet!

Pourtant, le clip est un peu le parent pauvre de la musique et de l’audiovisuel. Dans les labels, on s’en soucie généralement au dernier moment, et un peu dans l’urgence. On réserve peu de ressources pour le clip, c’est dommage car on risque de se priver d’un beau réservoir de visibilité. Du côté de l’audiovisuel, la voie royale pour un réalisateur est à peu près celle-ci : le clip, la pub, le court-métrage et le long-métrage. Le clip est donc un objet audiovisuel étrange, aux contours mal définis, mais d’un impact terrible lorsqu’il fait mouche, tant pour l’artiste que pour le réalisateur.

J’essaye aussi de promouvoir une approche originale du clip auprès des labels. Par exemple, récemment nous avons travaillé avec les Dinner At The Thompson’s. Le label Bonne Pioche envisageait un seul clip pour la sortie de l’album, et je leur ai proposé d’en faire deux, enchaînés comme des épisodes.

Plus riche créativement, plus original pour les fans, c’est aussi un moyen de mutualiser des moyens de production et de travailler une sortie d’album différemment.

Le plan média classique en label a une forme de pic resserré. Tout est concentré sur un seul instant : la sortie de l’album. Télé, radio, presse, internet… tous les efforts humains et financiers du projet sont engloutis à ce moment de la vie de l’album afin de bénéficier d’une exposition très forte mais très courte. Si après deux ou trois mois, les ventes de l’album sont décevantes, on ne travaille plus l’album, on arrête, c’est perdu. Alors qu’un album c’est plusieurs mois de travail… Au contraire, en prévoyant dès les début un premier clip pour accompagner la sortie de l’album et un second quelques mois plus tard, lié au premier d’une certaine manière, on travaille l’image du groupe et de l’album de manière plus puissante. On peut raconter une histoire, et donc attirer à nouveau l’attention des médias et du public sur le groupe.

Cette approche en épisodes vidéo est à mon avis l’avenir du clip. Il faut s’imaginer que sur un réseau social comme Facebook, Twitter ou MySpace, un internaute voit défiler devant ses yeux des centaines de liens, de photos, de textes chaque jour et ce nombre ne cesse d’augmenter.

Confontré à ce “buffet à volonté” croissant d’informations, l’internaute réalise qu’il ne pourra pas tout voir car une journée n’aura toujours que 24h. Le paradoxe est donc que l’internaute passe une partie de plus en plus importante de son temps à ignorer des informations, à devoir faire des choix, filtrer et trier. Sachant ça, un artiste doit utiliser les réseaux sociaux avec intelligence et tout faire pour créer du sens autour de son oeuvre. Créer du sens, c’est se distinguer dans un réseau dominé par le bruit blanc créé par les autres. C’est aussi créer un lien entre des morceaux, un entre-deux. En ce sens, l’approche du clip en épisodes vidéo que j’évoque est un moyen de créer du sens, en liant deux morceaux et en créant quelque chose de nouveau entre les deux : une histoire.

Quels sont les obstacles que vous rencontrez ?

Je dois dire qu’ils ne manquent pas… Pour résumer, créer une start-up dans le monde de la musique aujourd’hui est un pari hyper-risqué, voire suicidaire! Lorsqu’en plus on apporte une innovation comme FluidRiver et qu’on ne vient pas du monde de la musique, les difficultés explosent.

D’un côté le monde de la musique est en crise suite à l’effondrement des ventes de disques depuis 10 ans. De l’autre le monde du cinéma et de l’audiovisuel peine aussi à vivre -même si la France offre un soutien à la production énorme, notamment par le biais du CNC. Se positionner entre les deux, en intermédiaire, ne peut donc s’envisager que si le service proposé apporte vraiment quelque chose aux deux parties. En ce sens, FluidRiver a sû amener des labels et des réalisateurs qui ne se connaissaient pas à travailler ensemble pour la satisfaction de tout le monde, et de l’artiste en premier lieu.

Toujours du côté des obstacles, je note que le monde de la musique est difficile d’accès surtout lorsqu’on n’en vient pas. La culture de la cooptation, de la recommandation et du réseau est reine, beaucoup plus que dans d’autres milieux. Il est donc dur de se frayer un chemin, d’amener les gens à vous prêter attention et à vous faire confiance. Mais il faut savoir s’adapter, dé-sapprendre une manière de travailler pour en ré-apprendre une autre. C’est ce que j’ai fait en passant du monde du logiciel à celui de la musique, j’ai délibérément quitté ma zone de confort pour partir à la rencontre d’un monde nouveau.

Enfin, il y a la question du temps. En label, directeurs artistiques et chargés de projet sont globalement débordés, devant faire toujours plus avec moins de moyens.

Faute de temps, beaucoup ne répondent donc tout simplement pas à des demandes de contact, même répétées, car vous n’êtes pas une priorité dans une foule de contraintes qui affluent de toutes parts. Le paradoxe est que FluidRiver est précisément un service qui fait gagner un temps précieux aux directeurs artistiques et aux chargés de projets. Ce devrait donc être une priorité !

Quelle utilisation faites vous des Creative Commons ?

Dès le début, FluidRiver a été conçu pour apporter une réponse globale aux artistes, qu’ils travaillent en Copyright ou en Creative Commons. Il était important pour moi d’apporter un cadre juridique clair et transparent aux artistes leur permettant de travailler ensemble sans risque sur des oeuvres à deux auteurs.

Avec FluidRiver, les musiciens qui travaillent en Creative Commons disposent des mêmes possibilités que ceux travaillant en Copyright (typiquement les artistes SACEM). Ils peuvent faire écouter leur oeuvre en précisant qu’elle est sous Creative Commons et peuvent entrer en contact avec des réalisateurs qui eux aussi font le choix de travailler en Creative Commons sur un clip.

Nous utilisons donc Creative Commons particulièrement par rapport à son mécanisme d’œuvre dite “dérivée” car un clip est une oeuvre dérivée d’un morceau. Si ce morceau est sous licence Creative Commons, le musicien l’indique et le clip qui en découlera sera automatiquement sous Creative Commons, c’est la beauté intellectuelle des Creative Commons. Ce mécanisme simplifie fortement la collaboration entre artistes.

A la base, les Creative Commons sont un contrat de droit qui dit ce qu’il est possible et ce qu’il n’est pas possible de faire en terme d’exploitation d’une oeuvre. Mais elles ne disent pas comment faire. Par exemple, comment s’y prendre concrètement lorsque l’on est musicien en Creative Commons et que l’on cherche à réaliser un clip en restant dans le cadre des Creative Commons? FluidRiver répond à cette question, apporte un mécanisme concret d’interaction propice à la collaboration entre deux artistes. C’est le seul site au monde à le proposer. FluidRiver peut donc être vu comme un exemple de réalisation concrète des Creative Commons dans sa partie collaborative.

De quoi es-tu le plus fier dans l’histoire de FluidRiver ?

Je crois que c’est ce que m’a dit un jour Nassim Maoui, un réalisateur qui venait de remporter un appel d’offre pour un clip de Beat Assailant avec Discograph (et ASM en production), que j’avais décroché peu de temps avant. Nous ne nous étions jamais rencontrés, j’avais juste vu sa bande-démo et sa proposition de clip, celle qui avait été retenue.

Monté de Marseille pour tourner le clip à Paris, il m’a expliqué que depuis des années, comme beaucoup de réalisateurs, il proposait spontanément des idées de clips aux labels et que rarement il avait eu un retour. Et là, il venait tout simplement de décrocher le clip d’un artiste qu’il adorait. Il était aux anges!

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Le clip, petit bijou de graphisme, a révélé un réalisateur bourré de talent (ainsi que son complice Christophe Menz) et a immédiatement fait le tour du Web, jusqu’à sa nomination parmi les trente clips proposés à la projection sur écran géant à Rock en Seine. Je ne sais pas si j’ai ressenti de la fierté, mais la joie était là, le concept FluidRiver commençait vraiment à m’étonner !

Interview réalisée par OWNImusic

Photos CC flickr : julespajot; villehoo; David Torcivia

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Futur du Midem ou Midem du futur ? http://owni.fr/2011/01/24/futur-du-midem-ou-midem-du-futur/ http://owni.fr/2011/01/24/futur-du-midem-ou-midem-du-futur/#comments Mon, 24 Jan 2011 18:19:47 +0000 Lara Beswick http://owni.fr/?p=29868

Les opportunités du marché en faveur du divertissement et des médias «connectés» augmentent considérablement, et le mobile est au cœur du phénomène.
(John Hoffman, PDG de GSMA Ltd.)

A l’occasion de notre entretien avec les boss du Midem, nous avions posé la question concernant une éventuelle synergie entre le Midem et MIPTV. La réponse à cette demande grandissante est concrétisée par l’organisation d’un nouvel évènement baptisé “Connected Creativity”. Le CC forum, organisé par Reed MIDEM en partenariat avec GSMA, association représentant l’industrie mobile mondiale, aura lieu du 5 au 7 avril 2011 au MIPTV.

Anne de Kerckhove, directrice de la division Entertainment du Reed Midem, a longtemps travaillé pour les industries du mobile et de la technologie. Elle nous parle avec enthousiasme de son projet. De par son expérience, elle sait que les acteurs de la technologie connaissent mal les paramètres à maîtriser pour travailler les contenus. Inversement, l’industrie de la musique à démontré, par son incapacité à appréhender, approcher et comprendre les nouvelles technologies et ses usages, la nuisance de cette incompréhension.

Trop souvent perçue comme un simple canal de distribution, l’expérience que peuvent offrir les nouvelles technologies n’est pas optimisée par les producteurs de contenus et on ne peux plus penser un programme pour les multi-plateformes comme on le pensait jusqu’alors. Il faut réinventer des modèles économiques, faciliter la licence des contenus mais aussi repenser la création en elle-même.

(…) le MIPTV répondra aux besoins de la communauté des appareils portables ainsi qu’à ceux des industries du divertissement dans cet espace numérique excitant qui inclut la télévision, la musique et le cinéma, entre autres. (Paul Zilk, PDG de Reed MIDEM)

Cet évènement est un symposium technologique et sera le premier événement créé spécialement pour l’industrie mondiale du divertissement et de la technologie.
Il rassemblera les créateurs et distributeurs de contenus de toutes les industries de création ainsi que les opérateurs mobiles, de smartphones, de tablettes, d’appareils et de téléviseurs connectés.

Les industries culturelles et de la technologie échangeront leurs idées et perspectives. Pour le networking et des deals, c’est donc the place to be ! Les formats envisagés pour animer cet événement tenterons d’être aussi innovants que l’événement en lui-même. On y retrouvera l’équivalent du MidemNetLab qui fait un carton avec Workshop, speed dating et sessions de travail. L’équipe parait très enthousiasmée par ce qu’ils appellent le “Big Debat”, ou l’interaction entre les panélistes et le public est maximisée par un format plus “musclé” et innovant. Nouvelle formule pour la conférence, la “Unconference”. Le Connected Entertainment Experience Hub sera un espace privilégié où les derniers contenus interactifs et les récentes innovations technologiques seront mis en avant. Il permettra d’avoir un aperçu de l’avenir de l’univers «connecté» chez soi et hors de chez soi.

L’expérimentation des technologies sera privilégiée puisque “expliquer ne suffit pas, il faut l’expérimenter pour comprendre” et nous ne pourrons que valider cette réflexion.

Quelques thèmes dont les intitulés plutôt “catchy” ont été déterminés: “In the Consumer’s Mind”, “Anatomy of the Deal”, “Social Media Tipping Points”, “The Winner Takes It All”, “Know your Rights”. De gros fonds d’investissement tel Google, le retour des Business Angels qui s’intéressent à l’innovation seront de la partie.

“Les contenus de divertissement alimentent la croissance des applications B2C sur tous les appareils connectés. La musique représente 17,5 milliards de transactions chaque année et l’on estime que la télévision mobile représentera 11,8 milliards de transactions en 2012. Le marché global du marketing et de la publicité mobile devrait connaître une croissance à deux chiffres dans les prochaines années.”

Ne négligez pas l’importance de cet évènement qui pourrait s’avérer plus essentiel encore que l’évènement clé qu’est le MIDEM.

Stay Connected !!!

Crédits photos CC flickr: mksavage; h.koppdelaney

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